✶ humeurs ✶ domotique ✶ sites web ✶ graphisme ✶ coups de gueule ✶ fait main à Lyon et à Ratoath ✶ zéro jargon commercial ✶ humeurs ✶ domotique ✶ sites web ✶ graphisme ✶ coups de gueule ✶

Dix ans de page blanche

·

Une page blanche endormie, avec une toile d'araignée, à côté de deux bulles de conversation bien réveillées.

Mars 2016. Dernier billet sur ce blog : un plaidoyer pour remplacer le PIB par l’IDH, et une pétition pour une sûreté nucléaire transparente. Du sérieux. Puis plus rien pendant dix ans.

Ce n’est pas que je n’avais plus rien à dire. Entre-temps, j’ai rejoint la Cuisine du Web à Lyon et participé à l’organisation de quatre BlendWebMix. J’ai lancé Ezohiko, puis Improved Impact, j’ai tenté l’aventure The Tandem et je me suis embarqué dans Egalitech. Et je me suis mis à vivre entre Lyon et Dublin, ce qui occupe aussi pas mal les week-ends. Des choses à raconter, j’en avais à la pelle.

Ce qui manquait, me disais-je, c’était le temps. C’est l’excuse parfaite : personne ne la conteste.

La vraie raison

L’écriture n’a jamais été mon truc. Pas un petit inconfort : un vrai calvaire. Je me suis adapté, comme on s’adapte. C’est d’ailleurs en partie pour ça que je suis allé vers l’informatique : là, ce qui compte, c’est que ça marche, pas que la phrase soit jolie.

Par contre, parler, j’adore. Je suis un animal social. Chez moi, une idée se construit en discutant, en me faisant contredire, en reformulant à voix haute. Seule face à une page blanche, elle reste coincée. Elle n’est pas filtrée, elle est bloquée.

Un blog, au fond, c’est une conversation. Mon problème, c’est que pour y entrer, il fallait passer par l’exercice que je déteste le plus.

Le déclic

Ce qui a changé : j’ai maintenant quelqu’un à qui parler, et qui tape vite.

Ce billet, par exemple, n’a pas commencé par une page blanche. Il a commencé par une séance. Claude, l’IA avec laquelle je bosse tous les jours, m’a posé des questions une à une, en jouant l’avocat du diable. Pourquoi tu as arrêté ? Pour qui tu publies ? Et qu’est-ce que tu réponds à ça ?

Je guide, elle produit. Avant, une itération sur un texte me prenait des jours, quand j’arrivais à m’y mettre. Aujourd’hui, ça prend quelques minutes, et ça tourne en arrière-plan pendant que je fais autre chose. C’est l’esprit vibe de l’IA, appliqué à un blog perso.

L’objection

Pendant la séance, Claude m’a d’ailleurs balancé la meilleure objection possible :

« La page blanche n’était pas un obstacle, c’était le filtre. Écrire, c’est penser : c’est en galérant sur la phrase qu’on découvre ce qu’on pense vraiment. Si l’IA écrit à ta place, tu ne penses plus, tu valides. Et un blog perso sans la sueur de son auteur, c’est un blog de personne. »

C’est un bon argument, pour ceux qui pensent en écrivant. Moi, je pense en parlant. Ma sueur, elle est dans la discussion : c’est là que je défends une idée, que je cède, que je change d’avis. Le texte n’en est que la trace. Et le point de départ, la conviction, les mots qui comptent, ce sont les miens.

L’IA ne pense pas à ma place. Elle me rend les années que je n’avais pas.

Et maintenant

Pour qui j’écris ? Je ne sais pas encore. Pour moi d’abord, sans doute. Pour les copains qui tomberont dessus. Pour garder une trace. On verra bien : c’est du perso, ça n’a pas besoin d’un plan.

Une séance par semaine. Parfois un coup de gueule, parfois un retour de bidouille domotique, parfois rien du tout si la semaine n’a rien donné. Pas de billet forcé.

Dix ans de page blanche, c’est long. Mais ce n’est pas le temps qui me manquait. Il me manquait quelqu’un à qui répondre.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *